L'aspect le plus évident d'une pierre précieuse est sa beauté extérieure. Ainsi, l'appréciation des pierres précieuses est, à la base, un exercice de jugement esthétique "subjectif". Pourtant, les bijoutiers et les gemmologues ont tendance à chercher des "outils objectifs" (instruments) pour décrire ces phénomènes intrinsèquement subjectifs. Le seul instrument qui ne neutralise pas les sens est le microscope. Lorsque l'on regarde l'intérieur agrandi d'une pierre précieuse, la "lecture" est remplacée par un sentiment de crainte et d'émerveillement. Après une vie passée à assaillir le temps, où chaque jour est divisé en bits de temps numérique de plus en plus petits, vous plongez soudain dans un monde de temps figé, qui offre des vues sur des millions, voire des milliards d'années. Vous êtes témoin des forces primordiales qui ont donné naissance à notre planète et au cosmos tout entier. La photomicrographie ne concerne pas seulement la gemmologie, mais aussi la peinture - la peinture avec la lumière - le cœur de l'art photographique. Un maître photomicrographe utilise la lumière comme un chef d'orchestre, avec des mouvements et des directions croisées, cachant, façonnant et éclairant selon les besoins. Comme la fleur de Scott Kelby, le photomicrographe a la possibilité de vous présenter une nouvelle perspective, de vous permettre de voir le monde comme vous ne l'avez jamais vu auparavant. Et c'est l'essence même de l'art. Lorsque vous tenez un rubis dans votre main, vous saisissez quelque chose d'unique. Chaque pierre précieuse contient une histoire. Le lieu où elle a été trouvée, l'excitation du mineur qui l'a découverte et son espoir d'un avenir meilleur, le soin minutieux et le risque pris par un lapidaire pour la façonner et la polir. Et ce récit est enveloppé d'un faisceau de lumière qui ne s'estompera jamais avec le temps. L'art photomicrographique vous offre une fenêtre d'image sur le processus de création de la terre elle-même. Il vous aide à comprendre que, lorsque vous tenez un rubis, vous ne tenez pas seulement un joli caillou, mais littéralement "l'infini dans la paume de votre main" de William Blake.